Vers une égalité salariale réelle en Islande

Le gouvernement islandais a présenté mardi 5 avril un projet de loi qui obligera les entreprises de plus de 25 salariés à prouver qu’elles versent un salaire égal à leurs employés, quel que soit leur sexe. Dans les faits, les sociétés devront fournir à l’administration un document qui certifie que les femmes et les hommes au même poste et à l’expérience équivalente bénéficient du même traitement. Si l’autorité de contrôle remarque une différence, l’entreprise payera une amende (dont le niveau sera fixé plus tard). Cette loi entrera en vigueur en janvier 2018, alors que l’Islande fait déjà figure de bon élève sur l’égalité des sexes. Dans son Parlement, la parité est respectée. Elle est par ailleurs au premier rang du classement du Forum économique mondial (la fondation qui organise chaque année sa réunion à Davos) qui analyse les inégalités entre les sexes dans le monde. Elle est suivie par la Norvège, la Finlande et la Suède. Le gouvernement estime que l’écart entre les salaires est de 7%. Cet écart est toutefois contesté par un rapport publié en 2013 par la Commission européenne. Celui-ci indique qu’une femme islandaise gagne en moyenne 18% de moins qu’un homme. Le 24 octobre dernier, de nombreuses militantes avaient quitté leur travail à 14h38, considérant qu’elle n’étaient plus rémunérées à partir de cette heure précise comparativement aux hommes. Ce mouvement n’est pas nouveau : en 1975, les femmes islandaises avaient quitté leur travail à 14h08. Puis en 2008, à 14h25. Selon le Iceland Review, un trimestriel local, il faudra attendre 2068 pour gommer les inégalités à ce rythme. L’initiative islandaise a été reproduite le 7 novembre dernier en France à l’appel du collectif féministe Les Glorieuses, qui avait demandé aux femmes de cesser le travail à 16h34. Selon ses calculs, si elles étaient payées comme les hommes, elles travailleraient bénévolement à partir de cette date jusqu’à la fin de l’année. L’Assemblée nationale a voté en 2014 la Loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Elle vise à combattre les inégalités sexuelles dans les sphères privée, professionnelle et publique. Ce dispositif peut par exemple priver une entreprise de l’accès aux marchés publics si une inégalité flagrante est constatée. En pratique, ça reste très difficile à prouver… Source: agence séminaire islande

This entry was posted in actualités. Bookmark the permalink.

Comments are closed.