Départements des feignasses

OK, le titre est provocateur, mais à première lecture, ne peut-on se demander s’il y a des départements de feignasses, et des départements d’actifs ? En cause: la carte des arrêts maladie par département qui vont du simple au double. Autre question, la carte est-elle fiable puisque certains départements contrôlent beaucoup plus que d’autres les arrêts maladies. Certains sont angéliques, d’autres font leur boulot normalement. Enfin troisième facteur, le nombre de médecins qui peuvent se faire une réelle concurrence, parfois à coups d’arrêts maladies pour se préserver une clientèle captive. Les arrêts maladie sont nettement plus fréquents dans certains départements que dans d’autres. On passe même du simple au double entre les deux extrêmes. La proportion de salariés ayant connu au moins un arrêt dans l’année varie ainsi de 13 % dans les Hautes-Alpes à 29 % dans les Ardennes. Comment expliquer une telle différence entre l’Alsace et l’Aisne, d’une part, où la proportion dépasse 28 %, le Cantal et Paris, de l’autre, où elle est inférieure à 19 % ? C’est ce que les chercheurs de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) ont analysé dans une étude publiée cet été. La première explication réside dans l’intensité des contrôles, qui serait responsable pour près d’un tiers des disparités géographiques. Leur fréquence est très variable : 10 % seulement des arrêts sont contrôlés par la caisse d’Assurance-maladie en Mayenne, contre 17 % dans la Nièvre. Le deuxième déterminant des différences entre les départements, qui arrive juste derrière, est la densité des prescripteurs d’arrêts maladie, les médecins généralistes. Plus de praticiens, cela signifie « un accès plus facile aux soins » et aussi une plus forte « concurrence entre médecins, ce qui peut augmenter les prescriptions », explique l’Irdes. Le malade lui-même n’est finalement que le troisième facteur d’explication, qui détermine, selon l’étude, les disparités à hauteur de près d’un quart. Principal critère : l’âge de son entrée sur le marché du travail. Plus il est précoce, plus le risque d’arrêt de travail est fréquent. Près de 28 % des salariés qui ont démarré leur vie professionnelle avant 18 ans ont eu au moins un arrêt dans l’année, contre 18 % seulement de ceux ayant commencé entre 23 et 26 ans. L’Irdes ne livre pas d’analyse sur ce point, mais l’explication réside certainement dans le fait que les personnes qui ont fait moins d’études sont plus nombreuses à pratiquer des métiers pénibles. Les arrêts de travail « sont plus fréquents dans les secteurs caractérisés par un effort physique important et répétitif », observe l’étude. D’autres travaux, publiés en 2007 par l’Assurance-maladie, parvenaient à la même conclusion : « Plus le département comprend d’entreprises de l’industrie ou une proportion importante d’ouvriers, plus il y a d’indemnités journalières », observait-elle. A l’inverse, une économie tournée vers les services, un nombre élevé d’employés, de cadres ou de professions intellectuelles supérieures, minimisent leur niveau. Ce qui expliquerait le « bon » score de la région parisienne. L’Assurance-maladie observe des disparités encore plus fortes pour certaines pathologies. Le taux des arrêts de travail longs (plus de trois mois) pour dépressions, troubles névrotiques et de la personnalité « varie de 1 à 4, même en excluant les départements les plus extrêmes. Il est particulièrement élevé dans la région Paca ». L’écart est de 1 à 2,5 pour les affections du dos (lombalgie, sciatiques, etc.), avec une fréquence élevée en Bretagne. Enfin, la façon dont les assurés sont couverts contre le risque de maladie explique aussi une partie des disparités géographiques. Les Alsaciens et les Mosellans bénéficient d’un régime spécial qui assure des indemnités journalières plus généreuses, sans délai de carence. La proportion d’arrêts maladie est plus élevée dans leurs trois départements. Avec http://www.lesechos.fr

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