Colloque économique de Malte

Aujourd’hui, je souhaite revenir sur un discours que j’ai entendu avant-hier, à l’occasion d’un congrès à Malte. Au cours d’une discussion particulièrement mouvementée, un invité a sorti une énormité : il a remis en cause l’idée selon laquelle l’Occident a besoin de croissance économique. « Nous avons déjà plus qu’il ne faut », ne cessait-il de répéter. Une idée d’autant plus atterrante que ce n’est pas la première fois que je l’entends. Les pays industrialisés ont apparemment un peu de mal à légitimer leur besoin de croître. L’obstination de l’Europe à perpétuer son expansion économique est même regardée par certains comme amorale. Seulement, dans la réalité, les pays riches ont encore besoin de croissance pour continuer à progresser en tant que société. Le choix du progrès social n’est pas moins important pour un pays riche que pour un pays du tiers-monde. Sans croissance, une évidence se fait jour : l’assiette de la prospérité reste la même. L’essor de l’un est alors immanquablement constitué aux dépens de la richesse de l’autre. Le combat contre la pauvreté occasionne par exemple une réduction des dépenses dans le recyclage des déchets ; l’amélioration de la protection sociale doit être financée par un allègement du budget attribué à la culture ; un nouvel aqueduc engendre une augmentation des impôts… Nous ressentons vite le caractère temporaire de notre prospérité, lorsque la croissance bat de l’aile. Une société qui ne croît pas est en définitive une société où des citoyens individuels, des industriels et des groupes de population se partagent des ressources insuffisantes. Chaque investissement donne alors lieu à la curée. Alors que quand la richesse d’un pays croît, il est plus facile à ce dernier de partager. La classe moyenne est en effet davantage disposée à partager les richesses qui sont les siennes si elle est certaine de continuer elle-même à progresser. En revanche, une société stagnante sera non seulement plus fermée, mais sera également tentée de rejeter l’idée de la redistribution. Elle peut même se détourner de l’esprit démocratique qui avait vu le jour en période de croissance. A l’inverse, les sociétés à l’économie florissante sont plus « désintéressées » et tendent davantage vers la démocratie et la justice. Pendant ce congrès à Malte, la plupart des français participant à ce débat n’avait pas conscience de cette obligation de croissance. Et ça, je dois dire que c’est plutôt préoccupant. Retrouvez toutes les informations sur ce congrès en allant sur le site de l’agence incentive à Malte qui collecte toutes les conclusions. Allez sur le site.

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