La fin des illusions

Au premier tour, 60% des électeurs ont fait barrage à la gauche. Il ne dépend que d’eux qu’il résiste au second. Abandon par K.-O. debout. Au nord, à l’est, au sud, le Parti socialiste s’est retiré dès le premier round. Il paraît que c’est une attitude digne, républicaine et courageuse ! Courage, fuyons ! Et le premier ministre se présente, lundi soir, à TF1, visage crispé, pour affirmer sèchement : « Je ne suis pas venu ici pour m’excuser ! » Il n’était donc pas devant les écrans de télévision, la veille, quand tombaient les résultats de ce premier tour des régionales. Il ne savait pas que, d’entrée de jeu, Marine Le Pen et ses candidats étaient en tête dans six régions, avec de 30 à plus de 40 % des voix, qu’ils faisaient 28 % des voix sur l’ensemble du territoire, devant la droite, la gauche et l’extrême gauche. Mais non, se rassurait quelques jours auparavant Cambadélis, le patron du PS, “les sondages surévaluaient” le Front national… Était-ce donc une surprise pour l’exécutif et la gauche en général ? S’étaient-ils à ce point bouché les oreilles et fermé les yeux ? C’était pourtant historique. Le Nord et les Bouches-du-Rhône furent le siège des deux fédérations les plus nombreuses et les plus influentes du Parti socialiste ; elles faisaient et défaisaient les congrès et les gouvernements. Quand François Mitterrand arriva au pouvoir, il recruta dans le Nord son premier ministre (Pierre Mauroy) et dans les Bouches-du-Rhône son ministre de l’Intérieur (Gaston Defferre) : le parti était tenu. Au premier tour de la présidentielle de 2012, Hollande recueillait 383 000 voix dans le Nord ; son parti n’en a sauvé que 179 000 le 6 décembre : 200 000 de chute en trois ans et demi ! Idem dans le Pas-de-Calais, en Provence, en Alsace-Lorraine… La gauche a donc abandonné la partie pour laisser la droite seule “faire barrage” au Front national. Alors ? « J’entends », dit le premier ministre. Mais qu’entend-il ? Les derniers records du chômage alors que “la reprise était là” ? les derniers chiffres de la délinquance quand, au ministère de l’Intérieur, on disait qu’elle baissait ? les derniers quotas de migrants que l’on a dispersés dans les banlieues des métropoles et les villages de campagne ? les résultats des 2 000 perquisitions effectuées depuis l’état d’urgence qui ont permis de découvrir des centaines d’armes, ce qui en dit long sur ce que l’on fait depuis le 13 novembre mais que l’on ne faisait pas auparavant ? … « Je ne suis pas venu ici pour m’excuser »… Mais, depuis qu’il est à Matignon, Manuel Valls a subi trois scrutins, tous de portée nationale : les européennes (mai 2014), les départementales (mars 2015) et maintenant les régionales. Marine Le Pen devançait déjà tout le monde aux européennes, avec 4,7 millions de voix (24,9 % des exprimés) ; au premier tour des départementales, elle atteignait les 5,1 millions (25,2). Cette fois, c’est 6 millions ! En dix-huit mois, 30 % de voix en plus pour le Front national. “Et vous n’avez pas bien compris ? ”, demande l’électeur à Valls et Hollande, qui continuent de lui répondre par un déluge de grands mots creux (“ma vision”, “mes valeurs”, etc.) en croyant que cela peut remplacer le résultat de l’action. Alors ces électeurs tapent chaque fois un peu plus fort… En colère ? Ils le sont, mais chez eux la détermination l’emporte désormais sur la colère, on les a trop considérés comme de pauvres idiots, demeurés, trop bêtes pour comprendre les “véritables enjeux”… C’est pourtant simple : ils veulent défendre leur quartier avant de sauver la planète, y vivre en paix, y défendre leur mode de vie, y trouver du travail et une bonne école pour leurs enfants, sans avoir peur de la rue ni des kalachnikovs dissimulées dans les caves. Le Front national a donc 6 millions de voix. Et la droite ? 5,8 millions, sans compter les 827 000 voix de Debout la France laissées sans consigne. Cela fait 7 millions d’électeurs et d’électrices d’un côté, et 6 millions de l’autre qui viennent de rejeter la politique de la gauche au pouvoir : 60 % de l’électorat ! Sauf que cette addition est impossible : au second tour, seule la gauche se rassemble (après s’être divisée, mais apparemment c’était pour rire) ; en face, en revanche, le système est ainsi fait que droite et Front national doivent se battre entre eux, avant de défaire la gauche. Or, la même gauche qui s’est sabordée dans trois régions est bien décidée à défendre sa peau dans les dix autres. Elle a 40 % des voix. L’opposition, ce n’est plus 60 % mais deux fois 30 % : dans une triangulaire, celui qui arrive en tête emporte la mise. Qui peut amplifier au second tour l’électrochoc du premier ? L’électeur de l’un des deux blocs antagonistes en se portant sur le meilleur. L’électeur est un calculateur. S’il s’agit vraiment de battre la gauche, il le peut, comme aux départementales. Le sort des régionales est entre ses mains. Et sans doute celui de 2017 aussi.

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Les autres urgences de la France

Si Hollande met autant de soin à peaufiner son nouvel état d’urgence, c’est parce qu’il lui permet de cacher ses échecs en matière d’emploi, de fiscalité et de croissance. C’est le 23 décembre prochain, juste avant la trêve des confiseurs, que l’on connaîtra enfin le contenu du projet de loi constitutionnelle destiné à réformer la notion d’état d’urgence. D’une part, François Hollande souhaite faire passer de trois à six mois — il a même été question d’un an avant que cette idée saugrenue soit abandonnée — la durée pendant laquelle peut s’exercer ce régime d’exception. D’autre part, le chef de l’État, fort d’une popularité qui a renoué avec les sommets en raison du traumatisme créé par les attentats du 13 novembre, veut renforcer de manière considérable les pouvoirs de la police hors contrôle judiciaire. La police pourra procéder à la saisie de tout document, y compris dans les locaux d’un journal, sans contrôle du procureur. Toutes les écoutes téléphoniques pourront être mises en oeuvre sans autorisation judiciaire. La censure de la presse a même été sérieusement évoquée, notamment à Matignon, avant d’être mise de côté. Bref, au moment où François Hollande s’apprête à célébrer avec faste les 20 ans de la mort de François Mitterrand et le 100e anniversaire de sa naissance, il instaure un régime d’exception pire que ce que l’ancien président avait dénoncé à propos de la Ve République en publiant le Coup d’État permanent. Le problème de cet état d’urgence à la puissance 10, c’est qu’il ne garantit en rien contre de nouveaux attentats sur le sol français, tant les cellules dormantes sont nombreuses, tant les territoires perdus de la République sont gangrenés par le prosélytisme salafiste et tant nos services de renseignements ont perdu tout contact et toute indication pouvant les mener aux éléments les plus dangereux de la cinquième colonne de l’islamisme radical. Mais pour François Hollande, ce n’est pas la priorité. Cette agitation “judiciaro-militaro-policière” le replace au centre du jeu. Le revoilà chef de la sécurité intérieure sur le territoire et chef des armées au moment où celles-ci ont enfin reçu l’ordre d’aller frapper Dae’ch au coeur. Surtout, cet état d’urgence permet de faire passer au second plan toutes les préoccupations ordinaires des Français. Notamment l’emploi, au moment où notre taux de chômage vient de battre un record toutes catégories depuis 1997. Et cela, alors que nos principaux partenaires renouent avec le plein emploi. Mais aussi les impôts, qui continuent de progresser en dépit des discours lénifiants de Michel Sapin. L’OCDE a ainsi révélé, jeudi dernier, que la France est le deuxième pays affichant le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé, à 45,2 % en 2014, après le Danemark. À titre de comparaison, ce taux est de 11 points inférieur pour la moyenne des 34 pays de l’OCDE. Ce qui en dit long sur l’ampleur de l’assommoir fiscal qui a frappé 90 % des Français au cours des trois dernières années, et notamment l’ensemble de la classe moyenne. Si François Hollande et Manuel Valls consacrent autant d’énergie à peaufiner ce nouvel état d’urgence, c’est qu’il a pour eux le gros avantage de cacher des tas d’urgences qu’ils auraient dû gérer pour améliorer l’avenir de notre pays. Plutôt que de baisser les charges sur le travail, assouplir le marché de l’emploi, mettre au carré les comptes publics, combler le trou de la Sécurité sociale et baisser les dépenses publiques, il est tellement plus facile de faire larguer des bombes dans le désert et de pratiquer l’art de la gesticulation policière. Mais n’est pas de Gaulle qui veut. Et le cynisme de François Hollande et de sa clique est tel qu’il faut s’attendre à tous les excès de leur part. Comme le disait lord Acton : « Si le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument. »

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J’ai testé le pilotage d’avion

S’il y a bien un cadeau que je ne m’attendais pas à recevoir à Noël, c’est bien celui-là : une initiation au pilotage d’avion ! Le cadeau original d’un couple d’amis que je me suis évidemment empressé d’utiliser : deux jours après, j’ai appelé l’aéroclub pour réserver une date ! Et c’est ainsi que, la semaine dernière, je suis allé à Rennes avec mes amis pour tenter l’aventure. Nous avons été accueilllis par Jean-Marc, un pilote professionnel. Après qu’il nous ait donné un petit court théorique, nous avons rejoint l’appareil et j’ai pris place aux commandes. L’appareil était un quatre places, ce qui fait que mes amis ont pu m’accompagner en tant que passagers. Je pensais que mon instructeur allait se charger du décollage et de l’atterrissage, les deux phases les plus délicates. Mais en fait, voyant que je n’étais pas stressé, il a décidé de me laisser faire. Ce n’était pas du suicide, à proprement parler : l’avion était un appareil d’auto-école, et toutes les commandes étaient donc doublées. Jean-Marc pouvait ainsi réparer mes erreurs très facilement. Mais il n’a pas eu besoin d’intervenir. Car le décollage est assez facile, en fait. Il suffit d’atteindre la bonne vitesse, de tirer doucement sur le manche, et c’est fini. Et une fois en l’air, ça devient encore plus facile. Les petits appareils sont en effet très maniables et réactifs. Cela dit, ça demande tout de même pas mal de concentration. Si l’appareil est maniable, son faible poids fait que la moindre bourrasque suffit à le faire dévier de sa trajectoire. Il faut donc compenser en permanence avec le manche. Mais bon, ce n’est pas bien compliqué. Le seul moment un peu délicat, au final, ça a été l’atterrissage. Là, Jean-Marc a dû intervenir pour corriger ma trajectoire. Mais à part ça, j’ai vraiment été autonome du début à la fin. Au final, j’ai bien apprécié cette petite initiation au pilotage d’avion. Et au-dessus de Rennes, la vue est en plus magnifique. Enfin, c’est ce que m’ont dit mes amis. En ce qui me concerne, j’étais totalement focalisé sur le fait de maintenir l’assiette de l’appareil, et je n’ai presque pas jeté de coup d’oeil au paysage de tout le vol ! Si vous souhaitez en savoir plus, je vous laisse le lien vers le prestataire de cette initiation au pilotage d’avion à Rennes.

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L’objectivité du moi

Les partisans de l’objectivité du moi, pour continuer de soutenir ce qu’il y a de plausible dans leur thèse, pourraient aussi relever une confusion que l’on commet souvent dans les discussions relatives au moi. L’idée du moi peut désigner soit l’idée réfléchie, soit le sentiment spontané de notre existence. Or l’idée réfléchie du moi n’est qu’une manifestation distincte et contrastée de notre existence, de notre pensée; cette connaissance analytique que nous avons de notre existence est dérivée; le sentiment spontané, au contraire, la conscience immédiate de l’être, de la sensation, de la pensée, ne semble plus une résultante tardive des sensations, mais un élément immédiat et toujours présent à chaque sensation, sous une forme implicite, élément sans lequel la sensation ne serait pas sentie, ne serait pas consciente. L’idée réfléchie du moi est le produit d’une élaboration longue et complexe, elle est en grande partie factice et composée; en outre, le moi peut considérer un grand nombre de qualités avant de se considérer lui-même abstraitement, et de se poser dans la réflexion en face du non-moi; ce n’est pas à dire que, dès l’origine, le sentiment confus de l’existence individuelle et de l’activité centrale n’ait pas été présent à nous dans sa continuité, alors même que nous ne le traduisions pas sous les formes discontinues de la pensée abstraite et générale, ou du langage et de ses catégories artificielles. Si toutes nos pensées finissent par se ranger aux deux pôles du sujet et de l’objet, c’est sans doute que, dès le commencement, elles offraient cette orientation naturelle; les particules aimantées, qui finissent par se disposer en ordre aux deux extrémités de l’aimant, n’en ont-elles pas dès le premier instant subi l’influence? Les oppositions nécessaires à la conscience analytique et réfléchie ne sont point également indispensables pour la conscience synthétique et spontanée. Bien plus, nous concevons une limite où les oppositions expireraient et où la pensée serait immédiatement présente à elle-même, se pensant en même temps qu’elle pense le reste. La pensée s’évanouit-elle, comme le croit Hamilton, dans cette unité fondamentale du sujet et de l’objet? Peut-être, mais peut-être aussi est-ce là qu’elle se constitue: cette unité serait alors la pensée même

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Quand le consul livre des secrets défense…

Victime d’un canular téléphonique, l’actuel consul général des Etats-Unis à Ekaterinbourg a dévoilé des détails sensibles de l’accord entre Washington et Kiev. Le spécialiste russe en canular téléphonique Alexeï Stoliarov, surnommé Lexus, qui avait déjà réussi à tromper plusieurs hommes politiques, célébrités et oligarques, a publié des informations exclusives obtenues lors d’une conversation avec le consul général des Etats-Unis à Ekaterinbourg (Oural) Marcus Micheli. Le blagueur a appelé M.Micheli en se présentant comme le ministre ukrainien de l’Intérieur Arsen Avakov. Ne se doutant de rien, le diplomate américain a avoué son implication politique directe dans le conflit tout en confirmant qu’il participait « à la résolution du problème ukrainien ». En outre, Michael Micheli a dévoilé les détails d’un accord sur les livraisons d’armes à l’Ukraine d’un montant total de 46 millions de dollars, conclu entre Washington et Kiev. « Autant que je m’en souvienne, il s’agissait de la livraison d’un grand nombre de systèmes de défense et d’armements pour l’armée, les garde-côtes et à l’avenir — la garde nationale, n’est-ce pas? », a précisé M.Micheli au faux ministre. « Quand le président Porochenko était ici il y a une semaine, un accord sur la livraison d’équipement supplémentaire d’un montant total de 46 millions de dollars a été conclu. Je vous présenterai volontiers la liste (des armements, ndlr) en le transférant via l’ambassadeur Pyatt à Kiev. Certains modèles n’ont pas encore été livrés à l’Ukraine. Cela concerne des types d’armes qui avaient été annoncés par (Barack) Obama lors de la visite de (Piotr) Porochenko » Le spécialiste en canular téléphonique Lexus a expliqué que la conversation téléphonique avec le consul général US s’était tenue il y a un an. « Je ne l’ai pas publiée parce que le consul Micheli n’était pas une personnalité publique. Il s’occupait des questions relatives à l’Ukraine. Maintenant il a été envoyé à Ekaterinbourg, où il va apparemment collecter de l’information dans la région pour la transférer aux Etats-Unis », a précisé Lexus. Quand il s’est rendu compte du canular, Michael Micheli, a eu un moment de panique, a-t-il poursuivi. Il est à noter qu’en dépit des négociations sur les livraisons d’armes entre Kiev et Washington, qui ont duré pendant plus d’un an en coulisses, le Sénat n’a adopté la loi autorisant les livraisons d’armes qu’hier. Près de 70 sénateurs ont voté pour l’adoption de la loi, tandis que 27 se sont prononcés contre. Le document stipule que près de 612 milliards de dollars seront affectés aux objectifs militaires des Etats-Unis, dont 300 millions de dollars seront attribués à Kiev.

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Le nouveau livre blanc de la Défense

Je reviens d’une conférence à Londres sur l’état du ministère de la défense. Le 29 avril 2015, le Président de la République a rendu public le nouveau Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale qui fixe notamment les nouveaux contrats opérationnels des armées, le format du ministère de la défense et son enveloppe financière. Ces orientations seront traduites dans une loi de programmation militaire 2014-2019, dont le projet sera déposé devant le Parlement cet été. Dès lors, le ministère de la défense pourra finaliser à l’automne un programme de modernisation de simplification qui permettra d’atteindre les objectifs capacitaires et la cible de réduction d’effectifs définis par le Livre blanc, dans le cadre physico-financier arrêté par la loi de programmation militaire. D’ici là, le premier PMMS du ministère de la défense constitue un programme de transition. Il rassemble des réformes déjà engagées mais qui doivent être parachevées pour garantir le bon fonctionnement de nos forces, en métropole comme en opérations, et contribue au respect de la programmation budgétaire. Le ministère soutient un effort de déflations déjà très ambitieux, appuyé sur des réformes profondes et complexes, qui atteindra fin 2013 une réduction d’effectifs d’environ 48 000. Cet ensemble de chantiers de réforme génère aussi des économies de fonctionnement à un niveau conforme aux prévisions initiales. Entre 2008 et 2012, les économies de fonctionnement cumulées sont évaluées à environ 600 M€. C’est un programme de transition qui préfigure déjà l’avenir, notamment dans le domaine de la transition numérique, en intégrant les axes d’effort de la nouvelle politique du Système d’information du ministère, ou au travers des premiers travaux engagés en matière de simplification des processus et des modes de fonctionnement. Il est aujourd’hui constitué de 47 projets de modernisation et de simplification qui sont conduits par les grands subordonnés du ministre, suivis systématiquement au sein d’instances dédiées et pilotés par le comité exécutif, véritable comité directeur de la transformation du ministère, présidé par le ministre. des intérêts de la France en matière d’industrie de défense. Il assure en outre quelques services à destination d’usagers, qu’il s’agisse des anciens combattants, des jeunes et des familles. Les recommandations de l’évaluation de politiques publiques sur les prestations en faveur des populations relevant du ministre délégué chargé des anciens combattants trouveront une traduction dans le prochain PMMS, même si certaines seront mises en oeuvre dès septembre 2013. Source: séminaire Londres.

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L’Europe a du retard à Cuba

Trop attachée à sa « position commune » sur Cuba, l’Europe a pris du retard sur les Etats-Unis dans le rapprochement avec La Havane, estime un analyste espagnol. A force de rester attachée à sa « position commune » sur Cuba, l’Union européenne a pris du retard sur les Etats-Unis dans le rapprochement avec La Havane, a déclaré à Sputnik le journaliste et analyste politique José Manuel Martina Medema. « L’UE est de nouveau en retard, car elle a adopté une «position commune» sur Cuba en suivant l’exemple des Etats-Unis. Alors qu’aujourd’hui ces deux pays ont rouvert leurs ambassades à Washington et à La Havane, Bruxelles discute toujours pour savoir s’il doit renoncer à cette position », constate le journaliste. Selon lui, l’Union européenne est de nouveau devancée par les Etats-Unis. L’Espagne « s’est très mal comportée  » à l’époque où le gouvernement du pays était dirigé par Jose Maria Aznar. Ce dernier a fermé les portes aux négociations avec Cuba en insistant sur la nécessité pour l’UE d’adopter cette fameuse « position commune ». La situation n’a légèrement progressé que sous le premier ministre Jose Luiz Zapatero. Les entrepreneurs espagnols sont actuellement très préoccupés par l’apparition de nouveaux acteurs économiques sur l’île. « Cuba n’a pas besoin de l’Europe et cette dernière ne constitue pas sa priorité », affirme M. Medema. Selon lui, la Russie est le seul pays européen auquel Cuba attache de l’importance. Quant au reste du monde, son attention est concentrée sur la Chine, le Venezuela et d’autres pays d’Amérique latine. « A l’heure actuelle, Cuba entretient des relations diplomatiques avec un nombre plus important de pays que jamais auparavant, et l’Europe ne l’intéresse ni sur le plan politique, ni économique, ni géostratégique », estime l’expert. A titre d’exemple, il a cité le fait que le chef de la diplomatie espagnole José Manuel García-Margallo n’avait pas été reçu par le président cubain Raul Castro lors de sa visite à La Havane en novembre dernier.

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Lockheed s’offre Sikorsky

Le Groupe Lockheed Martin, constructeur de l’avion américain de cinquième génération F-35, va racheter le producteur d’hélicoptères Sikorsky Aircraft. La transaction sera bouclée d’ici la fin de l’année. Le grand producteur d’armement Lockheed Martin s’est entendu avec le groupe américain United Technologies sur le rachat du constructeur d’hélicoptères Sikorsky Aircraft pour 9 milliards de dollars, a annoncé Lockheed Martin dans un communiqué. La société Sikorsky Aircraft est connue pour être le producteur de l’UH-69 Black Hawk, un des hélicoptères militaires américains les plus célèbres du monde. Des appareils Sikorsky ont en outre traditionnellement été utilisés par les présidents américains lors de leurs déplacements. La société a été fondée en 1923 par un immigré ukrainien. La transaction portant sur le rachat de Sikorsky Aircraft sera bouclée fin 2015-début 2016.

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Colloque économique de Malte

Aujourd’hui, je souhaite revenir sur un discours que j’ai entendu avant-hier, à l’occasion d’un congrès à Malte. Au cours d’une discussion particulièrement mouvementée, un invité a sorti une énormité : il a remis en cause l’idée selon laquelle l’Occident a besoin de croissance économique. « Nous avons déjà plus qu’il ne faut », ne cessait-il de répéter. Une idée d’autant plus atterrante que ce n’est pas la première fois que je l’entends. Les pays industrialisés ont apparemment un peu de mal à légitimer leur besoin de croître. L’obstination de l’Europe à perpétuer son expansion économique est même regardée par certains comme amorale. Seulement, dans la réalité, les pays riches ont encore besoin de croissance pour continuer à progresser en tant que société. Le choix du progrès social n’est pas moins important pour un pays riche que pour un pays du tiers-monde. Sans croissance, une évidence se fait jour : l’assiette de la prospérité reste la même. L’essor de l’un est alors immanquablement constitué aux dépens de la richesse de l’autre. Le combat contre la pauvreté occasionne par exemple une réduction des dépenses dans le recyclage des déchets ; l’amélioration de la protection sociale doit être financée par un allègement du budget attribué à la culture ; un nouvel aqueduc engendre une augmentation des impôts… Nous ressentons vite le caractère temporaire de notre prospérité, lorsque la croissance bat de l’aile. Une société qui ne croît pas est en définitive une société où des citoyens individuels, des industriels et des groupes de population se partagent des ressources insuffisantes. Chaque investissement donne alors lieu à la curée. Alors que quand la richesse d’un pays croît, il est plus facile à ce dernier de partager. La classe moyenne est en effet davantage disposée à partager les richesses qui sont les siennes si elle est certaine de continuer elle-même à progresser. En revanche, une société stagnante sera non seulement plus fermée, mais sera également tentée de rejeter l’idée de la redistribution. Elle peut même se détourner de l’esprit démocratique qui avait vu le jour en période de croissance. A l’inverse, les sociétés à l’économie florissante sont plus « désintéressées » et tendent davantage vers la démocratie et la justice. Pendant ce congrès à Malte, la plupart des français participant à ce débat n’avait pas conscience de cette obligation de croissance. Et ça, je dois dire que c’est plutôt préoccupant. Retrouvez toutes les informations sur ce congrès en allant sur le site de l’agence incentive à Malte qui collecte toutes les conclusions. Allez sur le site.

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Où est la politique démographique européenne

Empêtrée dans ses difficultés du moment, l’Europe européenne ne voit pas arriver la prochaine crise… démographique. En prolongeant le déficit actuel des naissances par rapport aux décès, et en excluant tout nouvel appoint migratoire, la population de l’Union est appelée à diminuer de près de 65?millions d’habitants d’ici 2060 selon certains scénarios de démographes. Et l’Europe, qui pesait encore près de 17?% du total planétaire en 1975, n’en pèserait plus que 7,5?% au milieu du siècle. Il est vraiment difficile d’imaginer dans ces conditions un continent européen dynamique et influent. Les remèdes sont connus mais difficiles à mettre en œuvre. Personne n’imagine appeler les Européens à faire des enfants pour nous “sauver” du désastre, et l’immigration ne peut servir que d’appoint. L’Europe devra donc plus que jamais miser sur la qualité de son capital humain, et non pas sur la quantité. “Il n’y a de richesses que d’hommes, oui mais… qualifiés et bien formés” dirait aujourd’hui Jean Bodin. C’est la victoire posthume de Malthus. En 1798, le sombre pasteur anglican publiait son célèbre traité enjoignant ses contemporains à limiter la croissance démographique. Une visée nécessaire, selon lui, pour préserver le niveau de vie de la population, les ressources ne pouvant pas suivre. Deux siècles plus tard, les Européens ont suivi, et bien au-delà, la recommandation du prédicateur. Selon l’un des scénarios ayant court chez les démographes, en prolongeant le déficit actuel des naissances sur les décès, la population de l’Union européenne serait appelée à diminuer de près de 65?millions de personnes d’ici 45 ans, soit une baisse de 13?%, la population de l’ensemble des 28 pays de l’UE passant de 507,2?millions en 2013 à 442,8?millions en 2060, en excluant tout appoint migratoire supplémentaire. C’est pour notre voisin allemand que la décrue serait la plus spectaculaire (-23?millions), mais la dépopulation toucherait aussi gravement l’Espagne et l’Italie qui perdraient un cinquième de leurs habitants. Seuls parmi les grands pays, le Royaume-Uni et la France échapperaient à cette décrue avec un excédent des naissances sur les décès de 5?% sur la période. Mais en matière de démographie, il faut surtout se comparer. L’Europe peut se consoler en se disant qu’il y a pire qu’elle?: le Japon par exemple, dont la population va diminuer d’un tiers, et même demain la Chine, victime de vieillissement accéléré du fait sa politique de l’enfant unique. Mais le Vieux continent doit se lamenter en constatant la fonte de son poids relatif – et corrélativement de son influence – dans le monde. L’Europe, qui pesait encore près de 17?% du total planétaire en 1975, n’en pèsera plus de 7,5?% en 2050. “Les démographes, en prolongeant le déficit actuel des naissances sur les décès, la population de l’Union européenne serait appelée à diminuer de près de 65?millions de personnes d’ici 45 ans” Une débâcle impressionnante, largement méconnue et passée sous silence parce que trop insidieuse et lointaine pour un monde qui vit dans le spectaculaire et l’immédiateté. Mais qui devrait justifier de tirer la sonnette d’alarme. “L’empire romain est mort de dénatalité à partir du moment où les Romaines se sont mises à restreindre le nombre de leurs enfants, et cela sans recourir, à l’époque, à la pilule?!”, dramatise Jean-Claude Barreau, ancien directeur de l’Ined (Institut national des études démographiques). On n’est certes pas obligé d’adhérer à cette vision catastrophiste du destin européen – d’autant moins que le cas français, avec ses deux enfants par femme, montre qu’il n’a rien d’inéluctable – mais ce qui est sûr, c’est que l’“hiver démographique” qui s’annonce en Europe mettra profondément à mal son modèle économico-social. Et que les parades classiques pour y remédier – retour aux politiques natalistes, recours à l’immigration – ne sont pour l’heure, faute d’une prise de conscience suffisante, même pas esquissées et encore moins assumées. Pas plus que l’inévitable prolongation de la vie active à laquelle les esprits, français en particulier, semblent toujours aussi peu disposés Cela fait plus de trente ans que l’indice de fécondité se situe en Europe en dessous du seuil des 2,1 enfants par femme qui assure le renouvellement des générations. Au niveau actuel de fécondité qui est le sien – c’est-à-dire 1,5 –, il manque à l’appel en Europe 25?% de bébés. “Alors que les couples de la classe moyenne française font deux enfants et parfois trois, ceux de la plupart des autres pays européens se contentent d’un enfant, et font parfois mais pas souvent deux”, reprend Jean-Claude Barreau. “Un tel déficit caractérise l’entrée du Vieux continent dans ‘l’hiver démographique’. Un refroidissement jusqu’ici peu visible car ses effets ont été masqués par l’allongement de l’espérance de vie”, explique Gérard François Dumont, démographe. “L’Europe, qui pesait encore près de 17?% du total planétaire en 1975, n’en pèsera plus de 7,5?% en 2050. Une débâcle impressionnante, largement méconnue” De l’ordre d’un trimestre par an, cet allongement compense en effet mécaniquement le quart de génération manquant chaque année. Déficit des naissances d’un côté, allongement de la durée de vie de l’autre?: ces évolutions aux deux bouts de la vie ont une conséquence redoutable, bien repérée par les démographes, celle d’accélérer le vieillissement global de la population, à la fois “par le bas” (déficit de naissances) et “par le haut” (allongement de l’espérance de vie). Et il n’y a qu’à regarder la forme de la pyramide des âges européenne – une sorte de champignon nucléaire en formation, rétréci à la base et gonflé au sommet – pour mesurer tout le potentiel explosif et déséquilibrant de cette évolution. C’est une évidence difficilement contestable?: une société âgée est moins dynamique tant il est vrai que ce sont les jeunes qui poussent à l’innovation et qui investissent. Mais tout cela mérite d’être nuancé car les vieux, mieux dotés financièrement que par le passé, consomment de plus en plus. La menace la plus forte pour le modèle de croissance européen n’est sans doute pas là, le plus alarmant étant – et ce n’est pas le moindre des paradoxes à comprendre en ces temps de chômage – la diminution annoncée du nombre des actifs?: moins 30?millions d’ici 2050. Une fausse bonne nouvelle, car les chômeurs ne sont souvent malheureusement pas aptes à combler le vide.

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